Blog

Et ça recommence, de nouvelles vacances, rien a faire, glandage intensif derrière le petit écran de l'ordi, et voilà le moment où même ça ça ennuie. Donc -pour changer- dans l'espoir naïf de s'occuper, resurgit le petit passe-temps du blog, qui va, comme à chaque fois, me durer quelques mois à peine avant que je ne le relise, et trouve ça vraiment trop stupide, pour tout supprimer.
C'est quand même vachement pratique le principe du blog, raconter sa vie, là où on espère qu'il y a plein de gens dés½uvrés qui n'ont rien de mieux à faire que de lire les palpitantes aventures de la vie de nos pauvres personnes. Blog, de Weblog, carnet de bord en ligne. Comme un [journal intime] qu'on fait tourner, mais plus "branché", plus jeun's, genre technologik', je suis in ze mouve et tout et tout. Et l'anonymat. Ah, ça c'est bien aussi, s'adresser à des -prétendus- inconnus. Prétendus, parque que franchement, y en a beaucoup des gens qui écrivent dans ce genre de pages pour ne partager l'adresse avec personne? A part à la télé et chez les personnes qui ont de réels problèmes, je pense pas. De la blague cette histoire.
Mais je me permet de critiquer la chose, alors que je fais exactement pareil. ben oui, parce que, ben...

# Posté le mardi 14 avril 2009 16:35

Donc pour parler de ma vie

Donc pour parler de ma vie
Puisque le principe du blog est de raconter sa vie, ben voila la mienne, mais en résumé, parce que c'est légèrement gavant, cette histoire, en fait.
Donc je m'appelle Justine, une petite adolescente idiote comme il y en a tant. Je crois m'intéresser aux mêmes choses que mes congénères du même âge, avec pas grand chose d'original à y rajouter. A part une passion bizarre pour les carottes (ne rien y voir d'autre que le légume svp, ça en devient lourd des fois) et les pingouins (oui, oui, je sais que c'est des manchots, mais c'est franchement moins classe). J'aime dormir, manger, lire, écouter de la musique et ne rien faire, comme toute chose que l'on appelle personne. J'ai une famille, des amis, je vais à l'école.
Je crois qu'ici on a fait le tour de mon originale petite personne.

# Posté le mardi 14 avril 2009 16:48

Le coucou

Le coucou
Puisque le nom de cet idiot de blog est "coucoucarotte", ben je vais expliquer pourquoi.

D'abord il y a coucou.
Une invention géniale, ce mot-là. L'un de ceux que je dis le plus souvent. Mieux qu'un "bonjour", mois normal qu'un "salut'', genre cool cool et tout... En plus c'est l'un des mots de la vie qui sont réversibles (comme les culottes). Bah oui, quand on le renverse, un coucou ça fait uocuoc! (UocuOc, plus exactement). Si c'est pas génial franchement? ... hum, enfin bon, c'est peut être pas des supers raison, mais c'est celles là.

# Posté le mercredi 15 avril 2009 11:03

La carotte

La carotte
Et la carotte. Là, on s'aventure sur un terrain bien plus embrouillé, parce que ce que la carotte représente pour moi c'est ... beaucoup. L'histoire de Justine et des carottes remonte à bien longtemps, et elle n'est sûrement pas terminée.

Âge I
: la découverte
Bébé Justine n'était pas grande, mais on était sûrs d'une chose, elle aimait manger, et dès le plus jeune âge conçut un véritable engouement pour la carotte . Elle parlait beaucoup, articulait peu, et ses parents, bien que faisant de nombreux efforts pour essayer de comprendre le babillage idiot de leur gosse bavarde, ne comprenaient vraiment pas ce qui poussait leur petite chose à réclamer toujours la même chose bizarre; "lé krot' ", et se trouvaient dans une dans une attitude surprise et impuissante face à leur petit bout, qui ne répondait absolument pas à leurs nombreuses questions. Parmi les divers "gouilloune", "kigogne" et "krokdil", "krot" n'était pas vraiment déplacé, et au moins les parents pouvaient prétendre à une certaine originalité chez leur rejeton, qui ne se contentait pas de dire "caca" comme tous les autres morveux normaux, mais qui montrait déjà sa compréhension du langage par l'utilisation de synonymes raffinés.
Bébé Justine, voyant bien que les adultes, pas assez malins pour comprendre des mots simples, cherchait désespérément le moyen de leur expliquer sa demande. L'enfant n'était pas bête, elle eut tôt fait de remarquer que, pour une raison qui lui échappe encore, on avait l'habitude de servir son légume adoré accompagné de petites billes vertes et molles, sans grand intérêt, mais qui comportaient un atout majeur : leur appellation. Ainsi, il est bien plus facile pour un enfant d'obtenir ce qu'il veut de ses parents en leur disant "tipoi" plutôt que "krot". Satisfaite de sa victoire, Bébé Justine ne se privait pas d'exiger ses "tipoi" à presque tous les repas, obtenant par la même occasion ses carottes vénérées.
C'était une époque culinaire prospère pour la mioche, mais qui ne dura malheureusement pas si longtemps. A force de s'entendre répéter "tipoi" trois fois par jour tous les jours de l'année, les parents en vinrent à penser que la petite chose chérissait ces boules vertes, et se mirent donc à les lui servir seules, pensant par là combler le bébé. Ah, ça ils étaient fiers de raconter à leurs collègues parents que leur gosse à eux a-do-rait les légumes, contrairement aux autres qui ne voulaient que de la purée ou de la soupe.
Bébé Justine eut beau déployer des trésors d'imagination pour faire entendre raison à ses parents, elle eut vite fait de découvrir qu'un parent convaincu le reste envers et contre tout, et dut donc attendre patiemment que ses dents poussent, se murant dans une attitude boudeuse et silencieuse face à l'incompréhension du monde adulte, chaque jour d'espérance renforçant sa conviction dans l'amour de la carotte.
Quand enfin ses crocs sortirent, lui apportant là la faculté de l'articulation, un merveilleux pouvoir en vérité, puisqu'elle pouvait à présent brailler des morceaux de phrases compréhensibles, elle fit payer cher aux parents le fait qu'ils l'aient obligé à ingurgiter quantités exponentielles de petits pois, exigeant rétribution pour toutes les mornes journées qu'elle avait du passer sans voir la couleur (et encore moins la saveur) de la carotte. Les parents comprenant enfin où elle avait voulu en venir depuis tant d'années, décidèrent de se rattraper, en lui offrant en pâture de nombreux appâts oranges.

Âge II : l'inertie
Bébé Justine grandit, et devint MiniJustine. Maintenant apte à formuler ses pensées de manière presque claire, elle décréta qu'elle deviendrait paysanne productrice en carottes, et aussi maîtresse d'école, pour faire plaisir à Maman. Perdue dans le songe de l'époque de la petite école, entre les repas-cantine aux carottes molles et flasques et des parents soudain pris de pulsions révolutionnaires, à se voir dicter une conduite par une si petite chose, les carottes (les vraies) disparaissaient lentement du petit monde justinien. Celle-ci ne s'en apercevait pas vraiment, égarée au milieu du mirage de l'enfance, dans les nombreuses ambitions qui caractérisent cet âge d'illusion. Entre 'je rencontrerais un Minikeum', 'il faut sauver les baleines et les pingouins' et 'plus tard, je serais Michel Strogoff', Mini Justine cultivait son 'un jour, j'irais planter un champ de carottes sur la lune'. Comme dans un rêve, les journées se succédaient, sans ne serait-ce que la simple couleur d'une carotte. Si cela lui manquait, Mini Justine ne le savait pas, elle n'y pensait pas. Bien sûr, elle appréciait un bon petit plat roux, car de temps en temps, ses parents lui faisaient de petites surprises, mais elle n'y pensait plus en continu. Les grands en étaient heureux, car pouvoir dire à ses amis 'ma fille veut être vétérinaire' sonnait mieux que 'elle veut cultiver des carottes'. Mais si elle le montrait moins, son rêve de carotte restait bien présent, même si enfoui sous les diverses couches d'âneries loufoques de son temps.
A l'école, on entretenait un petit jardin, derrière la classe. La Mini était toute contente car elle allait enfin pouvoir passer à l'acte dans la production de son légume. Elle s'appliqua à bien répartir les petits semis sous une fine couche de terre, et veillait toujours à ce que le jardin soit irrigué comme il fallait. En rentrant à la maison, elle réclamait de pouvoir y faire la même chose, et cela si souvent que ses parents finirent par céder, lui donnant quelques graines et plants, et lui allouant un petit carré de terre dans l'enclos qu'était leur jardin. Mais quand Mini Justine voulu aller les mettre en terre, elle s'aperçut d'une chose affreuse. Tomates, salades, courgettes et jolies fleurs étaient bien là, mais pas de trace de carotte. Et pire, quand elle alla en parler à sa mère celle-ci lui répondit un "mais ma chérie, tu sais bien que les carottes ne poussent qu'en terrain sablonneux, et que dans la région, il n'y a que du calcaire". Mais alors, les carottes de l'école...ne donnèrent rien, si ce n'est quelques ridicules petites racines rosâtres et immangeables.
Ce n'était plus quelques adultes idiots qui l'empêchaient de réaliser sa chère ambition, ceux-ci s'étaient ligués avec la planète elle-même contre elle, allant jusqu'à choisir la seule région qui à ses yeux ne pouvait accueillir de plantation de carottes. Voila qui mettait Mini Justine dans une rage folle. Comment de simples cailloux pouvaient-ils se mettre en travers de son chemin?! Elle n'avait jamais aimé le calcaire, qui, toujours présent autour d'elle, formait du tartre dans les endroits les plus gênants de sa maison, mais à partir de ce jour, elle se mit à l'abhorrer, décidant du même coup d'adorer le vinaigre, pour le principe.
C'est donc fâchée avec la terre entière que la Mini laissa s'achever ses années de purs rires et enfantillages.

Âge III : coma
Les années collège furent pour Gamini Justine comme pour tant d'autres un concentré d'horreur. Passés l'amusement et la surprise de la nouveauté de la chose, il lui apparut vite que le collège était un endroit froid et idiot, remplit de gens pas très gentils. Les adultes collégiens, Gamini Justine s'aperçut qu'ils étaient tous plus stupides que ceux qu'elle avait pu rencontrer ailleurs, et qu'elle n'avait jamais trouvé bien subtils. Et les autres gamins, ces petits coqs, dressés sur leurs pattes frêles, sûrs de ce qu'ils étaient maintenant, si forts, si supérieurs de ce qu'ils avaient pu être. Les adultes collégiens stupides leur rebattaient les oreilles avec des histoires d'une chose mystérieuse chose qui allait leur arriver, leur tomber dessus sans prévenir, et qui allait changer leur vie, et dont il ne fallait surtout-pas-avoir-peur, tout-ira-bien puisqu'ils étaient prévenus.
Au milieu de ces gamins méchants et cruels, Gamini Justine, peinait à s'extirper de son ancien statut de Mini qui lui semblait si proche et confortable, mais que tous avaient abandonné sans regrets apparents. Elle ne mit pas bien longtemps avant de s'apercevoir qu'elle n'avait pas grand choix, la seule option raisonnable qui se dressait devant elle était l'adaptation, ce pour quoi elle n'était pas vraiment douée. Ses médiocres efforts payaient bien mal, mais elle s'en tirait grâce aux habiles prouesses en parole. Elle avait bien comprit que quand on ne peut pas, plutôt que de choisir l'humiliation, mieux vaut faire semblant, et ne se débrouillait pas trop mal. Mais au bout du compte, à force de se faire taper sur les doigts de toutes parts, elle finit par ne plus même ouvrir la bouche, ce dont elle ne se privait pas, avant. A la maison, ce n'était pas pareil, ça elle connaissait. Bien malgré elle et comme la plupart de ses condisciples, telle une caricature de cinéma, elle devenait une de ces petites choses épineuses et insupportables formées à la Fabrique. L'extraordinaire bouleversement qui devait lui arriver, et qu'elle attendait comme un chambardement spectaculaire ne se pointait pas, ou s'il le fît, ce fut dans la plus grande discrétion, sans fabuleuse explosion, sans même un léger petit remous à la surface.
Et l'Objectif dans tout ça? Oublié, rangé tout au fond du tiroir secret des choses à préserver, la clé oubliée sous le matelas, bien cachée. La Gamini se concentrait sur ces moments qu'elle haïssait tant pour les oublier, dans un total manque de stratégie, en laissant tout ou presque de côté, dans un petit coin de sa tête obscur et méconnu, un coin à elle seule.

Âge IV : vision
Enfin s'achevèrent les années honnies, la punition qui avait pourtant semblé sans fin. Pour échapper au monstre de cauchemars dit bien supérieur à la Fabrique, Junior Justine choisit de s'isoler des créatures qu'elle avait trop côtoyé, débarqua dans un ailleurs très différent. Ce n'était pas comme à la Fabrique, pas du tout. Bien sur, c'était l'Ailleurs, mais c'était aussi plus que ça. Les autres avaient changé, et un troupeau de juniors était bien moins pénible que quelques minis. Pendant les deux mois qui séparaient les quatre années de torture des trois du lycée, un miracle s'était produit, et qui permit à Junior Justine de renouer avec la carotte.
Le choc, tout d'abord. Arrivé si vite, par un prétexte si bête. Arrivé. En un instant, Junior avait eu le temps de tout calculer. De calculer le risque, surtout. Et de ne jamais l'oublier. De se décider à le prendre, pour l'éviter. Ce qui sauva l'Objectif. A son arrivée au lycée, elle était ouverte à son élaboration, sa concrétisation. Qui ne rata pas. Tout d'abord le projet. Proposé et adopté par le Comité de l'Étrange, lors d'un banquet au château. Des information de première source et d'immense fiabilité s'ajoutaient à la banque justinienne. Et l'impact de l'ultimatum.
La Rencontre véritable de l'Associée et du Fétiche, pour surveiller le monde. Et l'état de veille. Mais de veille éveillée, active, cette fois. Le démarchage de l'entourage, qui malheureusement ne se passait pas comme Junior aurait voulut s'y attendre. Mais qui fonctionnait tout de même.

# Posté le mercredi 15 avril 2009 10:55

Modifié le dimanche 16 août 2009 20:29